Carnet de route

Traversée glaciaire Vanoise 2006

Le 31/08/2006 par

C'est marrant, ce terme de traversée, il s'applique plutôt à la mer et on l'utilise aussi en alpinisme ! En l'occurrence, il s'agit  d'eau  , c'est bien une histoire d'eau, mais  elle est solide , de la glace quoi !

Ainsi nous avions décidé de faire la traversée entre le refuge de la Valette et le Laisonnay. Ceci sur trois jours avec l'itinéraire suivant :

-         Premier jour : Monter au refuge de la Valette.

-         Deuxième jour : Base du Dôme des Sonnailles , prendre pied sur le glacier passer entre le Mont Pelve et la Pointe du Dard , viser le bout de la Pointe de la Réchasse, coucher au refuge de la Vanoise.

-         Troisième jour : Col de la grande Casse par le glacier du même nom , descente du glacier de Rosolin pour prendre pied sur la moraine qui mène au refuge de la Glière et de là, au Laisonnay.

Programme très séduisant, et d'autant plus qu'une autre équipe faisait l'itinéraire dans l'autre sens et même le prolongeait jusqu'au refuge de l'Arpon. Ceux là étaient les «  mangeurs de dénivelé ». Il était prévu que l'on se croise et que l'on s'échange les clés de voiture le 2ème jour vers la pointe ouest du mont Pelve, on verra plus loin que ce fut le cas. Par prudence, nous possédions des doubles au cas où ! Pour moi, c'était une première , faire une traversée en rando glacière sur deux jours.

La montée en refuge ne se décrit pas trop si ce n'est l'occasion de « lambiner » , d'écouter et de voir des marmottes toujours nombreuses en Vanoise et de « glander » au refuge. Nous avons quand même rencontré une randonneuse extrêmement rapide  qui faisait des pas immenses. A la Valette , refuge du PNV, il y trois « maisons » une pour la gardienne, une pour la salle à manger, une pour le dortoir . A part la gardienne « rapace » et la déception de perdre l'une d'entre nous qui redescendra le lendemain à cause de grosse céphalées, rien à signaler. Nous sommes allés reconnaître le début de la montée du lendemain , aussi indiquée par nos amis rennais en stage d'initiation.

Le lendemain, lever 4 heures, et la course démarre dans le chaos rocheux que nous ne quitterons pas jusqu'au glacier à la base du dôme des Sonnailles. L'itinéraire consiste essentiellement à escalader des blocs rocheux car il n'y a plus de neige sur ce versant, ou si peu. Nous avons juste traversé un névé avec une main courante vite installée afin d'éviter de chausser les crampons . Une fois sur le glacier , il a fallu traverser et descendre vers le col du Pelve . L'itinéraire de ski s'avère difficile et nous devons louvoyer ( encore un terme marin étonnant non !) sur le glacier afin d'éviter les crevasses . Dans la pente du glacier du Pelve, nous apercevons une troupe d'alpinisme qui ressemblerait bien à nos « mangeurs de dénivelé » . En effet, ce sont eux , sur la fin ils nous guident vers une zone moins recouverte de neige et plus  tranquille. C'est l'occasion d'échanger sur la suite et pour moi de goûter ce moment de plaisir de découvrir que ce qui était prévue fonctionne tel que. Bon, il faut progresser car la journée avance et il reste encore un long glacier à parcourir. On remonte vers le col du Dard par une grosse « vague »neigeuse qui borde la pointe ouest du mont Pelve, c'est très joli . Ensuite, il s'agit de « viser »  l'extrémité ouest de la pointe de la Réchasse pour  quitter la glace et descendre au refuge du col de la Vanoise . J'ai ,la semaine précédente, parcouru ce glacier débonnaire pour aller à la pointe du Dard , il a beaucoup changé , la neige a fondu et forme un petit lac que nous allons devoir contourner pour éviter le bain de pied. Nous rencontrons quelques « pots » que certains d'entre nous testent, bref la vigilance s'impose et la tension nerveuse aussi ,il faut bien tendre la corde et lâcher les anneaux . Mais enfin nous pouvons ranger les crampons .L'itinéraire se poursuit en passant les barres rocheuses donnant au refuge, il se retrouve facilement , c'est bien « cairné » ici. Enfin le repos bien mérité arrive, avec le refuge et les copains qui ont escaladés l'Aiguille de la Vanoise en traversée, ils nous attendait ainsi que d'autres qui se joignent à nous pour demain. 

Troisième jour , encore 4 heures, on longe le Lac Long, on monte sur la moraine pour rejoindre le glacier de la Grande Casse, une petite troupe de mouflons nous accompagnent un moment. Finalement, on chaussera les crampons plus tôt que prévu car le glacier est bien là. Peut être car ce glacier est  enchâssé entre l'aiguille de l'Epéna et ses pointes et la Grande Casse donc plutôt ombragé. Nous prenons pied sur le Col après un « coup de cul » dans la boue , deux guides avec un groupe de jeunes nous a taillé un chemin qui évite les bords trop « terreux ». A ce moment , les grands couloirs de la face nord de la Grande Casse s'offrent à notre vision faute de pouvoir y mettre nos crampons. C'est grandiose et IMPRESSIONNANT, belle face. Ensuite, nous longeons loin les barres rocheuses, attention aux séracs, par le glacier de Rosolin on effectue un grand Z et on sort du glacier à la côte 2712 à l'est de l'aiguille de l'Epéna . Il faut descendre dans une haute moraine faite de gros blocs pour ensuite retrouver le très haut et caractéristique dôme qui mène au refuge de la Glière. La descente est longue, raide , la fatigue , la lassitude et l'envie d'être « en bas » nous accompagne. Si toutefois on oublie, Rémi est là pour nous dire que le sentier entre la Glière et le Laisonnay « c'est galère, très long, chiant » merci garçon, pas la peine d'en rajouter !

Bref, le ruisseau de la Glière nous offre finalement un bon bain de pied , la pose casse croûte . La « route » du Laisonnay  nous mènera vers la bière tant « fantasmée », j'en boirais deux ! Les amis nous attendent , heureuse surprise, pour nous ramener au camp. Un petit coucou à Bernadette et Frédo qui avaient imaginé cet itinéraire en vue de ce  rassemblement  estival.       

  Auteur : Eric Bracquemont







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