Carnet de route

Voyage à La Dibona

Le 01/10/2012 par Dominique C.

Jamais 2 sans 3, dit-on : cette fois-ci, le dicton a été mis en défaut. En effet, après deux tentatives, notre
Roland a enfin pu la gravir, cette magnifique face Sud, même si un escadron de cumulo-nimbus nous a fait
douter un moment.
 
Arrivés le samedi, la falaise école de La Bérarde nous permet de prendre contact avec le granit du coin. Le
lendemain, Pujolidal, sous la tête de la Maye, nous voit peaufiner les manœuvres de corde. Roland enlève le
morceau sans problème. Eric se régale derrière. Moi aussi, qui me fais traiter d'intello (j'ai toujours le nez
dans le topo) et plus tard de SDF (because mal rasé, le bonnet sous le casque et un léger assoupissement à
un relais … dû à une nuit pas terrible). Sortie dans un champ d'edelweiss et montée au sommet de La Maye
pour Eric (et votre serviteur), qui ne connaît pas ce magnifique belvédère.
 
Montée  au  refuge  du  Soreiller  le  lundi.  Dur  pour  notre  Roland,  qui  sort  de  15  jours  de  bateau.  Les  deux
autres sont plus affûtés et courent comme des garennes; bons princes, ils n’ont pas mis de cubi dans son
sac !
 
Attaque le lendemain vers 8 h 00. Deux anglais nous précédent ; nous pensons  qu’ils  iront  plus  vite  que  nous  trois.  Grosse  erreur  qui  nous  a coûté près de deux heures… Les  passages  s’enchaînent,  ponctués  de  «râlements»  de  notre  Roland, impérial  dans  la grimpe  :  couloirs, tunnel  (ah,  le  coincement  de sac…), râteau  de  chèvre,  traversées  descendantes  (beurk  !),  dalles, rétablissement sur une plate-forme (genou technique pour certain, pied- main  pour  un  autre,  qui  se  marche  sur  un  doigt…),  les  fameuses cannelures Stofer avec un petit surplomb en sortie et, pour terminer, une fissure courte mais athlétique (et, avec du tirage, pas facile, hein, Roland, qui là râlait fort !). Eric se régale toujours même si le vent froid a apporté son bémol (et qui c’est qui n’a pas froid aux oreilles avec le bonnet sous le casque !). Enfin, le sommet, vers 16 h 00. Notre Roland a les yeux dans le vague car il a FAIM ! Donc, casse-croûte. Après un rappel de 50 m dans la voie normale  et  la  traversée  sous  les  clochetons  Gunneng,  facile  mais abordée avec prudence car la fatigue est là, pause sous la brèche des Clochetons.
 
C’est la 4ème fois que je viens dans le secteur à cette période. La première, le couloir de descente du col Occidental était en neige ; la seconde, plus que des pierres ; la troisième, un grand névé sur le replat sous le col ; aujourd’hui, plus rien, juste un lambeau de neige sous une barre.
 
Descente  sans  problème  jusqu'au  refuge,  où  nous  attendent  trois  boissons  fraiches  (à  consommer  avec modération,  bien  sûr).  Puis  direction  Les  Etages  dans  la  foulée  et,  là,  certains  ont  les  genoux  qui  vont souffrir…
 
Le  lendemain,  décontraction  à  la  Grande  Rochaille  dans  des  voies  courtes  et  faciles  et  ramassage  de myrtilles : c’est cela aussi la montagne.
 
Ce texte, non pour se faire «mousser» mais pour vous donner envie d’aller arpenter cette monstre dalle de 350 m. Si le 5c vous effraie, faites la voie normale : 2 longueurs de 25 m en 3 ; on peut démarrer par la voie des Nains (4c/5a), ce qui évite la fastidieuse marche d’approche. Si vous vous ennuyez dans le 5c, allez randonner dans «Visite obligatoire», superbe voie (paraît-il) en 6a/6a+.
 
Eric s’associe à moi pour remercier Roland, devenu l’homme le plus heureux du monde ! Encore un moment à ranger au rayon des bons souvenirs (snif !).
 
Dominique, qui n’est plus SDF (Sans Dibona Faite)







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